Tribune : « Pour une Nouvelle-Aquitaine résiliente »

Tribune : « Pour une Nouvelle-Aquitaine résiliente »
Tribune : « Pour une Nouvelle-Aquitaine résiliente »

Tribune proposée par l’ensemble du Groupe Écologiste et Citoyen de Nouvelle-Aquitaine, publiée le 28 avril 2020 sur Aqui.fr

Les dégâts sociaux et économiques de la crise liée au Coronavirus seront immenses. Il appartient à chaque collectivité d’apporter aux acteurs économiques une aide en urgence, mais la réponse de moyen et long terme ne saurait dissocier l’approche économique de l’approche écologique, qui sont deux dimensions de notre destin commun.

Le choc de la crise a montré la fragilité de notre société, de nos modes de production, autant pour ce qui nous nourrit que pour ce qui nous protège. Elle n’est pas seulement sanitaire, elle est structurelle à notre société, construite par des politiques accordant une priorité systématique à l’économie libérale entraînant une incapacité à faire face aux crises sanitaires, écologiques, sociales. Or, les crises, de plusieurs ordres, pourraient s’enchaîner rapidement et feront nécessairement partie de notre horizon politique.

Il est aujourd’hui de notre responsabilité de permettre à notre territoire, à ses habitants et à ses acteurs économiques d’éviter le pire, et de voir leurs besoins essentiels préservés des effets des crises majeures à venir : c’est ce que l’on appelle la résilience.

En 2020, il est temps pour la Nouvelle-Aquitaine d’être à la hauteur de son nom : nouvelle région, nouveaux défis, nouvelle ère politique. Construire la résilience de nos territoires est aujourd’hui la trajectoire dans laquelle nous devons nous engager.

La résilience d’un territoire est sa capacité à se préparer aux chocs et crises écologiques, sanitaires, sociales, économiques et à les surmonter. On le voit dans la situation actuelle : la résilience commence dans la proximité, au plus près des besoins essentiels. Quels sont-ils ?

Dans la première région agricole d’Europe, prenons l’exemple de l’alimentation, de l’importance d’avoir une autonomie d’approvisionnement en produits sains, grâce à des paysans locaux. Elle nous indique le modèle agricole que nous devons soutenir plus fortement : une agriculture rémunératrice et nourricière, tournée vers les besoins des citoyens, qui respecte la biodiversité et l’eau, qui stoppe le recours aux pesticides, qui réduit fortement ses émissions de gaz à effet de serre en limitant les transports d’animaux, l’importation de tourteaux de soja brésilien pour les nourrir, une des causes majeures de la déforestation de l’Amazonie, ou l’exportation du maïs qui, en 30 ans, a transformé le paysage de nos campagnes en vastes champs de monoculture sous perfusion d’intrants de synthèse, exterminant peu à peu le vivant autour de nous.

Notre rapport au vivant est en effet questionné au premier chef dans ce qui nous arrive. Les scientifiques ont démontré le lien entre la destruction des habitats naturels des animaux, la disparition de la biodiversité qui constitue la meilleure des barrières protectrices, et les pandémies. Cela signifie qu’il nous faut aussi repenser l’aménagement du territoire en cessant l’artificialisation des sols, par exemple en renonçant à de grandes infrastructures destructrices au profit de la régénération d’un réseau de mobilité accessible à tous, dans la proximité.

Pour une gouvernance responsable face à ces pandémies, il est également essentiel de promouvoir la santé environnementale et ainsi renforcer les systèmes immunitaires des néo-aquitains : en réduisant les polluants atmosphériques, les perturbateurs endocriniens, les substances chimiques dans l’alimentation mais aussi en accordant de l’importance à la santé morale, au bonheur de vivre.

Si nous devons prioriser nos aides régionales à la conversion écologique de l’industrie et de l’agriculture, il est primordial d’engager une politique de relocalisation de certains secteurs. Cette relocalisation doit tendre vers une soutenabilité, certes économique, mais avant tout environnementale.

Ainsi, tout en poursuivant une ambition forte d’atténuation du dérèglement climatique et de ses effets, il est de notre responsabilité de politiques de permettre aux territoires d’aborder les prochaines décennies dans les meilleures conditions possibles, dans notre intérêt et celui des jeunes générations.

Face aux contraintes imposées par la crise et à la paralysie de la vie culturelle, de nombreuses initiatives collectives, des dynamiques émergent, témoins d’une ambition partagée de collaborations et d’entraide, mais aussi de sobriété. Ces expérimentations nous interrogent sur la place des artistes, des associations, de l’économie sociale et solidaire, de la santé et de l’éducation dans notre modèle social et économique.

Les leviers à la portée de notre collectivité sont nombreux pour répondre à ces nouvelles aspirations : agriculture et alimentation, lycée, enseignement supérieur, économie, tourisme, déchets, énergie, culture, sport. Des outils au service d’une région résiliente et au service des victimes de la crise, nos concitoyens.

La période est historique et l’opportunité rare de réorienter les soutiens de la Région, avec des conditions permettant d’appliquer sans tergiverser les principes de Neoterra pour un plan de relance durable et soutenable.

Nous, groupe écologiste et citoyen de la région Nouvelle-Aquitaine, pensons nécessaire de co-construire ces politiques nouvelles entre les citoyens et les élus. Seule la confiance en cette intelligence collective répondra à l’impératif de résilience.

Le groupe des élu.e.s écologistes et citoyens au Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine

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