Ne pas faire deux poids, deux mesures, entre les Agences culturelles et les petites structures

Ne pas faire deux poids, deux mesures, entre les Agences culturelles et les petites structures
Ne pas faire deux poids, deux mesures, entre les Agences culturelles et les petites structures

Intervention de Léonore Moncond’huy à l’occasion du vote des Conventions Pluriannuelles d’Objectifs avec les Agences Culturelles de la Région – Séance plénière du 21 octobre 2019

1 – Les Agences culturelles ont cela d’intéressant qu’elles permettent de laisser de l’autonomie aux acteurs d’un secteur pour s’organiser et coopérer, pour inventer l’accompagnement dont ils ont besoin, pour porter un plaidoyer commun. Et les Conventions Pluriannuelles d’Objectifs sont aussi une excellente forme de partenariat, qui leur donne la sécurité et la visibilité dont a besoin tout acteur culturel. Elles nous permettent d’identifier des objectifs partagés, parmi lesquels une coloration plus prononcée en faveur des Droits culturels aurait été bienvenue.

2 – Pour autant, les Agences restent gestionnaires d’argent public. Et de beaucoup d’argent public, au regard de l’ensemble des autres acteurs qui animent la vie culturelle de notre territoire. Or, les CPO que nous votons ne comportent quasiment aucun élément sur les budgets des structures concernées pour la période de référence, ce qui n’est pas le cas d’autres délibérations du même type appliquées à d’autres secteurs. Et j’ajouterais ce qui est sans commune mesure avec la redevabilité que nous demandons aux petites structures culturelles que nous finançons, notamment avec le principe des aides révisables.

3 – Nous souhaiterions pouvoir disposer d’une plus grande transparence vis-à-vis de l’utilisation des fonds publics, a fortiori dans le contexte où nous appliquons à notre propre administration un traitement assez drastique sur la chasse aux coûts de fonctionnement. Au-delà de nos objectifs politiques partagés, ces structures partenaires partagent-elles aussi notre objectif de sobriété financière ? Notre objectif d’exemplarité, en s’appliquant des éco-socio-conditionnalités ?

4 – L’objectif n’est pas de paupériser le secteur culturel, loin de là, nous applaudissons des deux mains la sanctuarisation du budget alloué à la culture. Mais cette sanctuarisation doit être mise au service de la diversification des acteurs associatifs soutenus. Les Agences concentrent beaucoup de moyens, une concentration qui, on le sait, peut avoir un effet boule de neige et augmenter à mesure que l’on veut toujours faire plus beau, plus grand. Mais les Agences ne peuvent pas, à elles seules, irriguer l’ensemble du territoire.

5 – Ainsi, nous rejoignons l’avis du CESER en appelant avant tout à ce qu’il n’y ait pas deux poids, deux mesures, entre les petites structures, à qui nous demandons des comptes souvent lourds à gérer pour de petites équipes, et les grandes Agences, qui nous doivent plus de transparence. Et nous souhaitons, plus largement, préserver notre capacité régionale de soutien aux acteurs culturels à l’échelle des territoires.

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